Conseil d’administration de l’IRD

Séance du mardi 25 novembre 2008

Interventions du STREM-SGEN-CFDT

1. Approbation du procès verbal  du CA du 26 juin 2008

2. International et partenariats  – Information  (pas de document)

Le Président évoque les atouts et les difficultés de l’AIRD. En particulier, les tutelles n’ont toujours pas répondu aux questions posées il y a déjà plusieurs mois. Il évoque aussi le succès de l’IRD auprès de l’Union Européenne, notre institut étant reconnu pour prendre une part prééminente dans la 8ème priorité sur Afrique concernant la recherche.
Le STREM évoque l’intéressant croissant de la Banque Mondiale pour la Recherche, notamment dans le domaine agronomique, et de l’AFD.
Pierre JACQUET, Représentant de l’AFD confirme cet intérêt pour la « production intellectuelle », en complément de la « production financière ». La recherche sert à mieux comprendre le développement, et constitue un vecteur majeur de l’influence française dans les pays du Sud. Il importe également de développer la recherche dans les pays du Sud en vue d’une véritable appropriation par ces pays.

3. Réforme de la gouvernance de l’IRD

Le Président présente l’intérêt de mettre fin à la dyarchie. C’est une volonté du gouvernement, et la conjonction y est favorable puisque le mandat du DG s’achève le 1er juin 2009. Le Président aura quant à lui atteint l’âge de la retraite le 20 novembre 2009.

Le STREM commence par brosser une rapide histoire de la gouvernance depuis trente cinq ans à l’ORSTOM- IRD avant d’en tirer un bilan.
Jusqu’en 1981, c’est le DG, feu le Professeur Guy CAMUS qui exerçait une autorité sans partage, le Président se contentait alors de fonctions honorifiques, pas tout à fait bénévoles toutefois puisqu’il bénéficiait d’un certain nombre d’avantages afférents à la fonction. Il s’agissait, le plus souvent, d’hommes politiques connus et sûrement méritants, mais battus lors de scrutins, à qui la République souhaitait décerner une sorte de prix de consolation. Les anciens se souviennent notamment d’Alexandre SANGUINETTI.

Depuis, deux grandes étapes ont renforcé les fonctions du Président. Avec les nouveaux textes de 1984, le Président, issu du monde politique ou préfectoral a pris une part plus importante dans la conduite de la maison, à côté d’un DG scientifique reconnu. Ce fut le cas du tandem Alain RUELLAN comme DG et LAVAUX comme Président, avec pour ce dernier : la stratégie, les contacts avec les tutelles et avec les partenaires et pour le DG : la gestion quotidienne de la maison. Avec le changement politique,  nous avons connu en 1987 un attelage assez curieux entre un Président scientifique, feu le Professeur François DOUMENGE et un DG issu de l’armée  PhilippeTENNESON, un ancien sous-marinier, ce qui montre que nos liens avec la Marine Nationale ne sont pas récents.

À partir de 1997, le Président Philippe LAZAR a préparé des textes en vue d’un nouveau renforcement du rôle du Président, sans toutefois toucher au rôle d’ordonnateur du DG.  Quant au passé plus récent, notre Président actuel, ainsi que d’autres membres de ce CA, sont à même de témoigner des conflits manifestes avec le DG précédent et d’une meilleure entente avec Michel LAURENT.
Alors, au bilan ? Inconvénients : risque de conflits de pouvoir si les tâches ne sont pas suffisamment balisées. En fait, depuis 1975, c’est cette phase de tensions entre Pdt actuel et DG précédent qui a, de loin, été la plus forte. Mérite-t-elle pour autant et a posteriori un changement de texte ? En plus de soixante ans d’existence de notre institut, cela représente à peine 5% du temps, c’est trop, mais cela reste quand même négligeable.

En revanche, les atouts de la dyarchie sont multiples. Le premier, c’est de pouvoir assumer pleinement deux fonctions complémentaires mais différentes : l’une est de répondre aux grandes orientations internationales du gouvernement à travers la tutelle MAE, l’autre est de veiller à l’excellence scientifique sous la houlette du Ministère de la Recherche. Le deuxième avantage est de permettre un certain équilibre, lorsqu’une des deux personnes de l’attelage est particulièrement défaillante. Elle limite les écueils de l’exercice solitaire du pouvoir. Les risques de dérapage sont plus limités à deux qu’à un. Prenons garde dès lors qu’un texte taillé aux mesures d’une personnalité exceptionnelle (et c’est peut-être le cas des PDG à l’Inria et l’Inra) peut s’avérer catastrophique pour une autre personnalité moins talentueuse.
Le STREM regrette que ce texte ne soit pas soumis au vote comme il l’a été au CTPC où l’ensemble des organisations syndicales a voté contre.
Ensuite, le STREM souligne le flou du texte quant aux nombre et aux fonctions des directeurs généraux délégués. Que deviendront les directeurs de départements ?. Enfin, le STREM souligne la nécessité pour l’IRD d’être dirigé par une personnalité qui combine à la fois l’excellence scientifique reconnue au niveau international, et l’envergure politique en termes de vision et d’expérience.
Pas de vote

4. Décision modificative N° 3 – Délibération

Oui à l’unanimité (il s’agissait d’une modification technique du budget 2008).

5. Budget primitif  2009 – Délibération

Les documents n’ont été distribués qu’en séance, et en format électronique la veille (13h03) du fait d’arbitrages très tardifs (mais favorables, dixit le représentant du Ministère des Finances).
En dépit de ce délai trop court, le STREM a procédé à une analyse, sûrement trop rapide. Il a relevé deux motifs de satisfaction, une source de très forte inquiétude, et de nombreuses questions.
Motifs de satisfaction :
1) Le budget d’expatriation est maintenu en volume, ce qui est essentiel pour la poursuite de notre mandat. Ce maintien s’accompagne d’une augmentation de 10 accueils supplémentaires. Cela permet à nos collègues universitaires de mieux connaître nos conditions de travail sur le terrain et de tordre le cou à certains mythes. Toutefois, il n’est pas assuré que les volontaires soient très nombreux. A moins que ces postes correspondent à ceux des Représentants extérieurs à l’IRD ?
2) Le crédit de fonctionnement des unités sera en hausse de 6%, ce qui n’est pas négligeable même si cette augmentation inclut (pour un peu plus d’1%) l’incorporation des frais d’hébergement des unités dans les locaux des partenaires.

Toutefois, ce budget suscite de très vives inquiétudes quant aux recrutements et aux avancements. Il tend à montrer que notre institut n’est plus qu’en sursis : 8 suppressions de postes d’ITA ! seulement 8 recrutements de CR (+ 3 recrutements conjoints avec les Universités au titre des « filières d’excellence Enseignants chercheurs ») et 12 recrutements de DR2.  Pour peu, l’IRD va ressembler à une « armée de Colonels » !.
Par ailleurs, et ceci n’est peut-être pas indépendant des perspectives de carrières, il convient de s’inquiéter du fort désintérêt des plus jeunes générations pour la vie de notre Institut : très peu de listes de CR ont été déposées pour les élections au Conseil Scientifique, et pour la deuxième fois, le quorum n’a pas été atteint dans le corps des CR pour les élections aux CAP. Ce manque « d’esprit d’entreprise » ne se manifeste pas à l’INRA. Peut-être doit-on y voir les effets de l’UMRisation où l’appartenance à une unité prime sur celle à un Institut ? Toujours est-il que cette évolution est particulièrement inquiétante pour un Institut dédié à la Recherche pour le Développement dans les pays du Sud.

La lecture rapide des documents suscite plusieurs questions :

Au-delà du fait que les chaires « université-organismes » et le recrutement de trois Maîtres de Conférences payés aux 2/3 par l’IRD consistent à « déshabiller Pierre pour habiller Paul », se pose la question de la modalité de sélection.
« L’IRD mettra en ¦uvre la prime d’excellence scientifique (entre 3500 et 15000¤ par an, taux moyen de 6000) destinée à valoriser la qualité de l’activité scientifique des chercheurs. La notification de cette mesure permettrait, à titre d’exemple, de financer 57 primes à 6000¤. » Comment seront-elles attribuées ? par les CSS, les départements, le DG ? Pourquoi pas 52 primes ? L’IRD désignerait ainsi le «chercheur de la semaine » comme chez Mac Do ? avec sa photo. affichée dans le hall d’entrée à Marseille ? Plus sérieusement, se pose la question de l’hyper-individualisation de la recherche. D’une part chacun s’accorde à reconnaître que la recherche ne peut être menée qu’en équipes, et si possible en équipes interdisciplinaires, d’autre part, les mesures gouvernementales tendent à renforcer l’individualisme et la compétition individuelle.

Le flou subsiste sur l’utilisation de 1,8 million d’euros  entre crédits incitatifs et projets AIRD.

Le budget destiné aux CSS et au CS est augmenté pour faire face à « l‘impact d’une plus grande activité d’évaluation », ce qui est douteux du fait de l’évaluation des unités par l’AERES, n’est-ce pas plutôt pour couvrir les surcoûts de voyage liés aux déplacements jusqu’à Marseille ?

Au détour d’une phrase apparaît le « coût de l’antenne de l’IRD dans le centre d’affaires de la Gare de Lyon ». Or, à aucun moment le personnel de l’IRD n’a été informé de l’existence de cette antenne, de son emplacement et encore moins de son coût. Rappelons que le STREM, au cours du dernier CA avait demandé à « connaître le lieu, le coût et la date de mise en service des locaux prévus à Paris » comme indiqué dans le Procès Verbal de séance.

L’effet de levier financier de l’AIRD est considérable, meilleur que dans la parabole des talents puisque pour 25 euros investis, 100 sont obtenus.Le problème est que sur ces 25 euros,  20,9 proviennent de l’IRD et seulement le reste des « autres membres fondateurs » dont le Président a souligné « la solidarité » : soit 2,2% du CNRS, 1,1% de l’INSERM, 0,3% de l’Institut Pasteur et 0,1% du CIRAD. Il est vrai que le CIRAD met un chercheur à la disposition de l’AIRD, mais l’IRD également. De plus, un certain nombre de Représentants à l’étranger, particulièrement ceux en accueil à l’IRD, représentent autant l’AIRD que l’IRD. L’effort consenti par les différents membres de l’AIRD est donc loin d’être équilibré.

Le représentant du Ministère des Finances précise que la réduction des postes dans la fonction publique épargne en grande partie la recherche : seul un sur douze des postes de fonctionnaires partant à la retraite n’est pas remplacé, contre un sur deux ailleurs. De plus les retours catégoriels vers le personnel (primes) y excèdent largement ce qui est observé dans les autres ministères.
Le représentant du Ministère des Affaires Etrangères indique qu’il a reçu les documents budgétaires trop tard pour en référer à sa hiérarchie et qu’en conséquence, il ne se sentait pas habilité à se prononcer sur ce budget.
Vote :
5 Non (toutes les organisations syndicales sauf FSU, absent).
1 abstention (MAE)
9 oui (autres participants) Ë Budget adopté.

6. Bilan du transfert du siège à Marseille – Information

Le SG signale que le siège fonctionne à Marseille avec seulement 2/3 des effectifs de celui de Paris.
Le Président annonce que le nouveau siège sera inauguré le lundi 8 décembre par les Ministres Alain JOYANDET et  Valérie PECRESSE.
Le STREM dénonce le total décalage entre l’autosatisfaction que manifeste le document distribué et la réalité. Le syndicat reçoit en effet de nombreuses remontées du personnel traduisant un fort sentiment d’insatisfaction tant de la part de ceux qui sont restés à Paris que de ceux qui ont acceptés d’être affectés à Marseille. Pour ceux qui sont restés à Paris, le coût social et financier est souvent important (perte de prime par exemple).
De plus le comité central Hygiène et Sécurité qui a récemment visité le nouveau siège a émis de fortes réserves : bureaux installés dans les couloirs, sans accès à la lumière du jour, « open space » non pensés , utilisation d’armoires comme cloisons, absence de confidentialité lors des discussions avec les visiteurs. Ceci se traduit par une désorganisation persistante de l’administration, avec un trop grand nombre de CDD, de fortes difficultés à joindre les collègues par téléphone ou plus simplement à avoir accès au labyrinthe : difficulté d’obtention des badges pour accéder aux différents étages, pauvreté de la signalétique.

Une fois de plus, le STREM s’insurge contre le coût social, humain et financier du déménagement précipité. Enfin, il demande des nouvelles des locaux définitifs dans lesquels l’IRD pourra enfin se sentir « chez lui ». Il est répondu que les tutelles ont été saisies de ce projet. Le fruit de la vente de l’ancien siège rue La Fayette sera réinvesti dans les locaux définitifs du siège à Marseille.

7 – GIP médias France – Délibération –
Tout comme le CNRS, l’IRD se retire de ce GIP.
Vote : Oui à l’unanimité

8.   Convention constitutive modificative N° 2   –  OST – Délibération
Il s’agit d’accepter l’entrée de l’INRIA et de la CPU
Vote : Oui à l’unanimité

À l’issue de cette première réunion du Conseil d’Administration à Marseille, un pot a été organisé en l’honneur du départ de Vincent Desforges auquel tant le Président que le DG ont rendu un vibrant hommage.
Vos représentants STREM-SGEN-CFDT au CA :
Brigitte GREBAUT
Christian VALENTIN
Didier BOGUSZ